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Combler les lacunes sur le plan de l’interopérabilité (PARTIE 1)

Posted by Camp de Base on mai 30, 2019

Originalement publié par Adam Stone dans le magazine C4iSR et souscrit par REDCOM

 

 

Les avancées technologiques contribuent à surmonter les obstacles à l’interopérabilité des télécommunications qui ont longtemps entravé le travail des planificateurs militaires. Ces avancées améliorent considérablement les capacités de communications militaires, en favorisant d’une manière sans précédent notamment la connaissance situationelle (situational awareness), une sécurité accrue et un plus grand éventail de possibilités pour concevoir presque n’importe quel scénario de communication.

Bien que les forces armées disposent de nos jours d’une gamme étendue de technologies de télécommunication, des problèmes de compatibilité peuvent survenir. La voix sur le protocole Internet (VoIP), le multiplexage temporel (TDM), les communications satellites et cellulaires, les radios tactiques, les dispositifs cryptographiques de protocole d'interopérabilité des communications sécurisées (SCIP), et les appareils de Wi-Fi et d’interopérabilité mondiale des accès d'hyperfréquences (WiMAX) sont TOUS des dispositifs utiles, mais ils ne fonctionnent pas toujours convenablement ensemble. Ce problème peut comporter des conséquences tactiques dommageables. Par exemple, dans un scénario de champ de bataille, il est inacceptable que la première ligne perde contact avec le centre de commandement.

Des solutions ont récemment été conçues en vue d’aider à résoudre le problème d’incompatibilité. L’interopérabilité améliorée procure aux forces armées un avantage tactique et une assurance accrue quant à la transmission efficace des messages. 

Afin d’assurer l’efficacité d’un vecteur d’attaque, l’adhésion partagée des fournisseurs technologiques aux normes et aux interfaces publiées en vigueur doit évoluer. Grâce aux solutions fondées sur des normes ouvertes et non exclusives, les forces armées peuvent accroître leur capacité à configurer un environnement de communication continue entre une gamme d’appareils ou de plateformes. 

Ces avancées sont accueillies favorablement au sein de nombreux milieux militaires. Puisque les institutions financières et les entreprises de vente au détail peuvent réaliser des transactions sécurisées avec une apparente facilité, « nous devons faire la même chose chaque jour pour préserver la sécurité des gens », a affirmé Cindy Moran, directrice des services de réseaux à l’agence étatsunienne Defense Information Systems Agency (DISA).

COMBLER LES LACUNES 

Il existe une technologie conçue pour transmettre des signaux sans entraves entre les réseaux VoIP et TDM et assurer les connexions entre les divers dispositifs. Son utilisation pourrait notamment rendre possible l’interopérabilité entre tous les services militaires de même qu’entre les alliés et les partenaires de la coalition des États-Unis. D’ailleurs, il est possible d’assurer un trafic vocal sans interruption entre le commandement aux quartiers généraux et les combattants sur le terrain. Toutefois, c’est rarement la réalité. 

Pourquoi les systèmes de communication militaire ne sont-ils pas plus interopérables? Et comment les planificateurs peuvent-ils aller là où ils doivent se diriger? Pour répondre à ces questions, il est utile de prendre un peu de recul et mettre les besoins des forces armées en perspective.

Dans les prochaines années, il est probable que les communications militaires seront un amalgame de différents réseaux, y compris les réseaux IP et TDM et d’autres technologies existantes ou émergentes. Les forces armées devront ainsi faire face au besoin de créer des connexions sans failles en interne de même qu’avec leurs alliés de l’OTAN et leurs partenaires de coalition sur le terrain et sur le plan du commandement. 

LE MATÉRIEL EST EN PARTIE EN CAUSE 

« Les véritables difficultés en matière d’interopérabilité sont liées au modem, parce qu’il existe un si grand nombre de variations de protocoles. De façon générale, chaque fournisseur souhaite ajouter à son propre protocole à valeur ajoutée et chaque unité, de même, veut acquérir un ensemble particulier de capacités », a déclaré Walton Brown, directeur, produits et systèmes de terminaux satellites, pour le Program Executive Office - Enterprise Information Systems de l’armée étatsunienne.

« Cette situation survient sur le plan tactique, lorsque différentes communautés achètent des produits de modem qui conviennent à leurs propres architectures. Ces communautés peuvent comprendre le WIN-T (Warfighter Information Network-Tactical) de l’armée étatsunienne, la communauté de soutien au combat de l’armée ou le système mondial de diffusion », a ajouté Brown. « Cela devient complexe et lourd, puisque chaque communauté fixe davantage d’exigences en matière de communications au fur et à mesure qu’elle intègre plus de matériel commercial à son architecture afin de tirer parti des protocoles les plus récents. En fin de compte, elle doit continuellement superposer de l’équipement supplémentaire. »

En plus du matériel informatique, les infrastructures de réseau peuvent être une entrave. Compte tenu de la situation actuelle, différents protocoles ne communiquent pas aisément entre eux. Par exemple, les utilisateurs de réseaux conventionnels basés sur Internet ne peuvent pas se connecter facilement. Par conséquent, les combattants modernes se retrouvent toujours isolés par ces réseaux incompatibles : ceux qui fonctionnent dans l’environnement IP ne peuvent pas établir de communication avec les combattants qui fonctionnement dans l’univers TDM. Cette situation épineuse entraîne de réelles conséquences opérationnelles pour ceux qui évoluent sur le terrain.

« Nous savons que plusieurs opérations ayant eu lieu là où les forces armées étatsuniennes en manœuvres de combat ont dû communiquer avec les forces de la coalition à l’aide de téléphones cellulaires commerciaux de civils iraquiens. Il s’agit là de l’un des pires scénarios », a affirmé Eugene Kohlmeier, directeur des technologies gouvernementales à REDCOM Laboratories, une entreprise de conception et de fabrication de solutions de télécommunication compatibles avec la technologie IP destinées aux forces armées et à d’autres industries, qui est située à Victor, dans l’État de New York.

Cependant, ces mesures ad hoc temporaires et toutes faites soulèvent d’importants problèmes en matière de chiffrage et de sécurité. « Lorsque des opérations militaires étatsuniennes ont pris place dans des zones de guerre en évacuation en Afghanistan et en Iraq, nous avons connu à certains moments une situation où les unités étatsuniennes ont dû communiquer à l’aide de radios encryptées, mais puisque les forces de la coalition n’ont pas les mêmes chiffreurs, ces dernières ne pouvaient pas se parler directement », a ajouté Kohlmeier.

Les solutions d’aujourd’hui improvisées à la hâte sont inadéquates. « Souvent, les États-Unis fourniront la capacité uniquement pour s’assurer que nous atteignons ce niveau de sécurité », a affirmé Cindy Moran de la DISA. « Lorsque nous ne réussissons vraiment pas à trouver de solutions d’aucune façon que ce soit, nous fournissons [aux partenaires de la coalition] notre matériel et du personnel qualifié pour l’employer. Toutefois, il ne s’agit pas là de la meilleure méthode. »

LA NÉCESSITÉ DE LA RAPIDITÉ

Il est impératif et urgent d’établir la compatibilité entre les normes et les dispositifs pour en assurer la connectivité. En l’absence de communications fluides, les troupes et les dirigeants militaires peuvent se retrouver dans l’incapacité de disposer des renseignements cruciaux sur l’état d’une situation dont ils ont besoin pour faire leur travail de manière sécuritaire et efficace. Les communications existent dans un but bien précis, en fin de compte : l’échange de renseignements vitaux. Sans information pertinente, une situation dangereuse peut devenir d’autant plus dangereuse.

Cependant, le cloisonnement des télécommunications prédomine toujours dans de nombreux secteurs militaires, en partie à cause du processus d’approvisionnement qui contraint les utilisateurs à utiliser des technologies susceptibles de devenir rapidement en désuétude. Compte tenu de la nature des contrats à long terme, le gouvernement peut se trouver aux prises avec une technologie dépassée depuis cinq ans ou plus. De même, ce temps de latence entraîne des lacunes sur le plan de l’interopérabilité. Par exemple, certains contrats lient le gouvernement à des réseaux inefficaces comme le réseau numérique à intégration de services (RNIS), un réseau de référence déjà délaissé par la grande majorité des utilisateurs et des fournisseurs du domaine civil. 

Par ailleurs, les communications satellites peuvent se rompre lorsque le signal descendant est converti en différents réseaux terrestres. « Certaines applications nécessitent une plus grande bande passante et moins de latence », a ajouté Moran. Le jumelage d’une application nécessitant une bande de largeur importante (comme la voix) à un réseau à largeur de bande inadéquate a comme résultat un flot inintelligible de bruit au lieu d’une communication claire.

Dans le but de contourner les problèmes sur le plan de la connectivité, les utilisateurs peuvent effectuer des modifications non documentées à leur équipement afin d’obtenir la fonctionnalité requise. Cependant, ces modifications entravent davantage les efforts visant à maintenir des intercommunications fluides.

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Topics: technologies de communication, Gestionnaires d'urgence, Communication Radio, Technologies, communication multi-agences, Interopérabilité radio, Communication problems in crisis situations

Written by Camp de Base

Camp de Base est une entreprise qui développe, produit et commercialise des solutions de communication. Nous avons développé une solution unique qui fournit l'interopéerabilité entre la voix, les données et les radios pour les bureaux temporaires et les postes de commandements.

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